Adam Smith et l’économie face à la morale

Dossier 1 : Le contrat et le marché

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L’œuvre d’Adam Smith occupe une place particulière dans l’histoire de la pensée économique et dans l’histoire de la pensée en général. D’une part, en raison du statut d’œuvre fondatrice que lui attribue une majorité de commentateurs (la publication, en 1776, de l’Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations aurait achevé le processus séculaire par lequel l’économie politique se serait progressivement émancipée de la politique et de la morale auxquelles elle était auparavant subordonnée), d’autre part, dans la mesure où, plus de deux siècles après sa publication, son analyse donne toujours lieu aux interprétations les plus diverses, et souvent contradictoires.

 

Que l’on considère ou non Adam Smith comme le « père fondateur » ou l’émancipateur de la « science économique », il est évident que son œuvre s’inscrit dans les réflexions politiques et morales de son temps et du siècle qui l’a précédée, en réaction notamment (et entre autres) aux théories modernes du contrat social. Ces dernières sont illustrées par un extrait du Léviathan de Thomas Hobbes (texte n°1 du dossier), que l’on peut considérer comme l’un des auteurs majeurs des théories du droit naturel moderne.

Le second texte consiste en un extrait de la Théorie des sentiments moraux de Smith, qui peut servir de base à la discussion de la thèse de l’«émancipation ».

Ceci devrait permettre de mettre en perspective l’interprétation de Pierre Rosanvallon, (texte n°3), qui oppose l’économie politique émergente du XVIIIe siècle aux théories du contrat social du XVIIe, et dont le mérite est de mettre en valeur l’importance d’un contexte exceptionnel de l’histoire des idées (le foisonnement, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des théories sur l’origine et la pérennité de l’ordre social).

 

- Texte n° 1 : Thomas HOBBES (1651), Léviathan. Traité de la matière, de la forme et du pouvoir de la république ecclésiastique et civile, trad. F. Tricaud, Paris, Sirey, 1971.

Chapitre 13 (intégral) et 14 (extrait), pp. 121-129.

 

- Texte n° 2 : Adam SMITH (1759-1790), Théorie des sentiments moraux, traduction de M. Biziou, C. Gautier & J.-F. Pradeau, Paris, Presses Universitaires de France, 1999.

Partie I, section 1, chapitre 3 (extraits, pp. 140-146)

 

- Texte n° 3 : Pierre ROSANVALLON (1979), Le capitalisme utopique - Histoire de l'idée de marché, Paris, Points-Seuil.

Extraits, pp. 11, 14-15, 39-47.