Adam Smith et l’économie face à la morale

Dossier 3 : Principe de sympathie et spectateur impartial

 

Le projet de la Théorie des sentiments moraux était ambitieux : Smith cherchait à y achever la philosophie morale, tout en se positionnant par rapport à ses principaux prédécesseurs (Hobbes, Mandeville, Hutcheson, Hume, Shaftesbury,).

Ce projet ne doit pas être entendu au sens normatif (visant, par exemple, à émettre des prescriptions), mais positif (dont le but est l’explication). Témoin de l’émergence de la « société commerçante », Smith cherche, en effet, non à décrire une société moralement idéale, mais à décrire et expliquer la société telle qu’elle est, à mettre en évidence les raisons de son harmonie approximative, de sa pérennité, mais aussi de ses imperfections.

 

La première question que la généalogie de la morale se doit de résoudre consiste à savoir comment se forment les jugements moraux. C’est à l’aide du principe de sympathie (introduit dans le texte n°1) que Smith explique les jugements relatifs à la convenance et au mérite (commentaire : texte n°2).

Après avoir expliqué la nature des jugements portés par l’individu sur autrui, Smith, dans un second temps, montre comment l’individu est susceptible de former de tels jugements sur lui-même, et comment ceux-ci, prenant la forme de l’obligation, conduiront généralement à un comportement convenable et méritoire. C'est afin de traduire les modalités de ce processus de sympathie réflexive, que l'auteur introduit le concept du spectateur impartial (texte n°3).